COMMENTAIRES DE MUNAWWIRU-S-SUDUR
DE CHEIKH AHMADOU BAMBA (le serviteur privilégié du Prophète Mouhammad (P.S.L)
PAR : CHEIKH AHMADOU MBACKE MAA-UL HAYAAT
Avant-propos
Le message de Cheikh Ahmadou BAMBA Khadimou Rassoul (le serviteur privilégié du Prophète) est universel. Il s’appuie essentiellement sur deux références : le Saint Coran et la tradition prophétique (Sunnah). Le fondateur du Mouridisme appelle tous les Hommes sur la Voie de DIEU, la Voie de la Droiture (As-sirâtal Moustaqima). Serigne Touba prône l’égalité entre tous les Hommes quelle que soit leur nationalité ou la couleur de leur peau. Le seul critère de supériorité, entre eux, devrait reposer sur la crainte révérencielle. Mais, de nos jours, ses enseignements sont négligés par la plupart de ceux qui se réclament de lui. En effet, ces derniers se sont engagés dans une direction opposée à celle que Serigne Touba avait empruntée. Cela, à cause de leur méconnaissance des enseignements de celui qui était l’héritier spirituel du Prophète Mouhammad (P.S.L) sur ce qui est apparent (Zaahir) comme sur ce qui est caché (Baatin).
C’est la raison pour laquelle Cheikh Ahmadou MBACKE Maa-ul Hayaat inscrit son action dans la revivification des enseignements de Cheikh Ahmadou BAMBA. Eduqué et formé par Serigne Saliou MBACKE pendant treize années, il eut l’estime de ce dernier qui témoigna à son endroit :
« Partout où se dirige Cheikh Ahmadou MBACKE Maa-ul Hayaat, Serigne Touba l’accompagne ». Cheikh Ahmadou MBACKE Maa-ul Hayaat est un guide pour l’humanité, une fierté pour l’Afrique et un bouclier pour l’Islam. Il ne ménage aucun effort pour la diffusion effective des enseignements de Serigne Touba dans leur authenticité afin que les musulmans en général comprennent l’œuvre du Saint homme qui est la revivification des enseignements du Prophète Mouhammad (P.S.L).Aussi, ne cesse t-il de rappeler aux Hommes le caractère éphémère et trompeur de la vie présente et celui éternel de la vie future, la véritable vie. Il prêche la pratique du Bien (la voie qui conduit au Paradis) et le blâme du Mal (qui éloigne de l’Enfer). Qu’ALLAH lui accorde une très longue vie et une santé de fer pour qu’il parachève sa noble mission.
Pour une plus grande diffusion des enseignements de Cheikh Ahmadou MBACKE Maa-ul Hayaat, ‘’le Groupe Maa-ul Hayaat Communication’’ transcrit et traduit ses sermons qu’il enregistre tous les dimanches dans la daara de Kër Mbaye Fall (Dakar - Sénégal) et à l’occasion des grands événements comme Laylatoul qadr, Magal, Gamou, Tabaski et Korité ou lors de ses sorties dans les différentes localités du pays et du monde entier. ‘’Le Groupe Maa-ul Hayaat Communication’’, constitué par des professionnels de la communication, des télécommunications et des multi medias ainsi que des étudiants et des chercheurs, a déjà mis sur pied le site Internet www.toubamaoulhayat.com, le journal ‘’Maa-ul Hayaat’’, des fascicules, des VCD et DVD, supports des sermons et enseignements du Cheikh.
Les cassettes en wolof sont disponibles auprès de Serigne Moussa Traoré (Tel. (+221) 658 98 52).
Qu’ALLAH accepte notre œuvre et la complète.
Le Groupe Maa-ul Hayaat Communication
I. INTRODUCTION DE CHEIKH AHMADOU MBACKE MAA-UL HAYAAT
Nous nous réfugions auprès de notre SEIGNEUR, l’AUDIANT, l’OMNISCIENT contre le mal de Satan le lapidé.
Au nom de DIEU, le CLEMENT, le MISERICORDIEUX !
Que la Paix et le Salut soient sur l’Eclaireur de la voie de la Félicité, l’Intègre, notre Maître et Guide Muhammad le Raffermi, sur Sa Famille, sur Ses Compagnons qui ont acquis l’Agrément d’ALLAH et atteint la Station Suprême ainsi que sur tous ceux qui les auront suivis et imités dans leur foi immaculée, leur culte pur et leur bienfaisance jusqu’au Jour du Jugement Dernier.
Nous saluons tous nos frères et sœurs musulmans et nous rendons grâce à notre SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) pour Son Aide, Sa Grâce, Sa Puissance, Sa Sagesse et Son Ingéniosité en ce qu’IL nous ait créés, façonnés et donnés la force et la raison que nous devons nous efforcer de bien utiliser.
En réfléchissant et en méditant sur le caractère très éphémère de la vie terrestre qui n’est que leurre et tromperie, l’individu verra s’accroître et se consolider sa foi en ALLAH, surtout s’il se conforme aux recommandations et s’abstient de faire tout ce qui est prohibé.
L’accomplissement sincère des recommandations et l’abstention formelle aux interdits se transforment en une lumière qui réactive la lumière divine se trouvant en chaque individu. C’est cette lumière divine que possède naturellement chaque individu, qui renforce la foi et permet à chacun de sentir, en permanence, la présence de son SEIGNEUR bien qu’il ne LE voit pas par les yeux. De ce fait, au moment de la prière, l’individu est comme s’il voyait son SEIGNEUR.
C’est dans ce sens que le Prophète (Paix et Salut sur Lui) disait : « Adore DIEU comme si tu LE voyais car si tu ne LE vois pas, LUI te voit».
La foi en DIEU englobe aussi la croyance aux Prophètes (Paix sur Eux), aux Livres révélés, aux Anges, à la mort, à la Résurrection, au Pont (As-Siraat), au Paradis, à l’Enfer, etc. Ce qui raffermit la foi, c’est la lutte continuelle contre l’âme charnelle (Jihaadu-n-nafs), c’est-à-dire la privation de son cœur, de ses paroles et de ses actes de tout ce qui n’est pas agréé par notre SEIGNEUR. Plus la foi est solide, plus l’individu se donne entièrement à son SEIGNEUR et se suffit de LUI.
Parmi les causes qui entachent la foi de la personne, on peut citer :
- Le Bas-monde où chaque être humain n'effectue qu’un court séjour pour ensuite aller rejoindre la demeure qu’il a lui-même construite, de son vivant, par ses propres intentions, paroles et œuvres; que cette demeure soit accueillante ou non ;
- L’âme charnelle (naf’s) que notre SEIGNEUR a ingénieusement liée à l’âme spirituelle (Ar-ruh) est à l’image de l’or et ses impuretés. Il faut nécessairement du « feu » pour séparer l’âme spirituelle de l’âme charnelle. Et pour ce faire, il n’y a que deux (02) sortes de feux : le feu de l’Enfer (qu’ALLAH nous en préserve) ou celui de la lutte contre l’âme charnelle (Jihaadu-n-nafs) en l’éprouvant (fatigue, déplaisirs, …) et en l’épargnant de tout acte prohibé.
- Satan qui ne cesse d’inciter l’individu à prendre le chemin des interdits en le lui enjolivant.
Ainsi, l’Homme doit obligatoirement faire le Jihaadu-n-nafs pour accéder aux plus hautes stations spirituelles. C’est dans ce sens que notre SEIGNEUR dit : « NOUS avons créé l’Homme dans la forme la plus parfaite, puis NOUS l’avons rabaissé au plus bas niveau ». (Coran : Sourate 95 : Le Figuier, Versets 4 et 5)
Notre SEIGNEUR a créé l’Homme suivant quatre (04) niveaux : une lumière divine, une partie angélique, une partie humaine et une bestiale.
« NOUS avons créé l’Homme dans la forme la plus parfaite ». Notre SEIGNEUR a créé l’Homme d’une lumière provenant de LUI. La lumière avec laquelle le SEIGNEUR a créé les Prophètes est différente de celle avec laquelle IL a créé les Anges. Pour que les Hommes puissent répondre à l’appel des Prophètes, le SEIGNEUR a intégré dans leur âme spirituelle (Ar-ruh) une lumière provenant de LUI.
« puis NOUS l’avons rabaissé au plus bas niveau ». L’Homme doit tout faire pour intégrer le premier groupe (« NOUS avons créé l’Homme dans la forme la plus parfaite ») et ne pas descendre au second (« puis NOUS l’avons rabaissé au plus bas niveau ») qui traduit le fait que l’Homme choisisse de mener une vie autre que celle pour laquelle DIEU l’a créé. Il s’agit de ceux qui se contentent, dans cette vie présente, de manger, boire, dormir et entretenir des relations charnelles. Ces gens ne se soucient point de la façon de gagner leur vie. De même, ils sont comme des animaux, en ce qui concerne le commerce charnel avec les femmes. Que ces dernières soient leurs épouses ou non, qu’elles soient mariées ou pas ne les préoccupe guère ; mais l’essentiel pour eux, c’est de satisfaire leurs désirs. C’est pourquoi DIEU dit à leur sujet : « Ils sont pareils aux animaux » et par la suite, IL a ajouté : « ils sont même pires que les animaux » (Coran : Sourate 25 : Le discernement, Verset 44), car ces derniers sont naturellement créés dans cet état (manger, boire, s’accoupler, dormir) alors que les Hommes sont créés dans un état supérieur, mais malheureusement ils peuvent se rabaisser à un niveau plus bas que celui des animaux. Ces derniers vivent dans la cruauté, l’agressivité et la violence car pour satisfaire leurs quatre besoins (manger, boire, s’accoupler, dormir), ils sont prêts à éliminer tout obstacle du fait de leur manque de raison.
L’Homme doit donc s’éloigner de cette nature bestiale en restant juste et équitable et en respectant continuellement les limites que DIEU lui a tracées.
Le statut des Anges est encore supérieur. Et pour atteindre ce stade, l’individu doit, toute sa vie durant, se démarquer de tout acte prohibé, voire douteux, pour ne pas verser dans l’illicite. Il doit se parer des caractères des Anges qui sont toujours en adoration de leur Seigneur. Certains sont en position de génuflexion, d’autres en prosternation, d’autres en station debout. Certains d’entre eux font continuellement des prières en commun, d’autres des prières individuelles… Aucun d’entre eux ne se lasse de son acte d’adoration ; il ne l’abandonne jamais, non plus, pour faire autre chose.
Si l’Homme s’efforce de conformer, à tout instant et à tout moment, ses intentions, ses paroles et ses actes à ce que DIEU agrée et ne plus transgresser, il devient alors supérieur aux Anges. Car ces derniers sont naturellement créés pour adorer DIEU (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée) et sont incapables de LUI désobéir. C’est pourquoi chacun doit oeuvrer pour arriver à ce stade. C’est dans ce sens que notre SEIGNEUR a dit : « Ceux qui ont pratiqué le Jihaadu-n-nafs en se départissant, dans leur for intérieur, de tout ce que DIEU n’agrée pas, jusqu'à purifier totalement leur âme, notre SEIGNEUR les guidera vers des connaissances que la raison ne peut atteindre et que la langue ne peut exprimer ». (Coran : Sourate 29 : L’Araignée, Verset 69)
Comme nous l’avons dit plus haut, c’est la raison qui permet à l’Homme d’arriver à ce stade. En effet, en méditant sur la récompense découlant des bienfaisants, l’Homme trouve plus de force à persévérer dans la bonne action. Et, en pensant au châtiment inhérent au mauvais comportement, il trouve la force de s’en départir.
Quand l’Homme fait ce qu’on appelle « At-taqallî » (se départir de tout ce qui n’est pas agréé par notre SEIGNEUR) et « At-tahallî » (se conformer à tout ce qui est agréé par Le SEIGNEUR), il s’en suit « At-tazallî » c'est-à-dire que la lumière divine se manifeste en lui (il s’agit de la lumière qui est en la personne et qui provient de DIEU). De ce fait, si la personne s’était endormie, elle se réveille et s’il y avait un voile, celui-ci se lève. Ce voile n’est rien d’autre que le plaisir terrestre, les mauvaises intentions, les mauvaises paroles et les mauvais actes. Ainsi la foi de l’individu se renforce et il préfère son SEIGNEUR plus que toute autre chose car ce qui se trouve auprès de son SEIGNEUR devient pour lui, plus sûr que tout. En effet, plus la foi de l’Homme se raffermit, plus sa croyance en DIEU, aux Prophètes, aux Livres révélés, aux Anges, à la mort, à la Résurrection, au Pont (As-Siraat), au Paradis, à l’Enfer,... se renforce et plus il suit les recommandations et se détourne des interdits.
En réalité, les cinq piliers de l’Islam ne sont que des moyens pour l’individu d’avoir de nobles caractères et de bonnes intentions c'est-à-dire vouer à DIEU un culte exclusif, suivre Ses recommandations, éviter Ses interdits mais aussi avoir un comportement exemplaire vis-à-vis de ses semblables. C’est cela l’enseignement des Prophètes (Paix sur Eux). Le Prophète (Paix et Salut sur Lui) a dit d'ailleurs à ce propos : « Notre SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) m’a envoyé pour parachever les nobles caractères ». DIEU abreuve les Prophètes de Sa Lumière pour qu’ils puissent éduquer l’humanité et organiser leurs rapports avec leur SEIGNEUR mais aussi avec leurs semblables de sorte qu’il n’y ait aucun préjudice dans leurs relations et pour qu’ils puissent vivre en parfaite harmonie.
Mais quel que soit l’enseignement des Prophètes, les gens finissent par l’oublier car leur nom même d’"Al Insaan " signifie « celui qui oublie ». C’est pourquoi, le SEIGNEUR ne cesse de les envoyer les uns à la suite des autres jusqu’au dernier, en l’occurrence Mouhammad (Paix et Salut sur Lui). IL envoie aussi, entre ces Prophètes, des Hommes souvent proches d’eux pour continuer leur mission d’éducateurs spirituels. Il s’agit souvent de leurs compagnons (leurs fils ou leurs disciples). D'ailleurs, le Prophète (Paix et salut sur lui), avant de nous quitter, a dit : « Au début de chaque siècle notre SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) envoie quelqu’un qui se charge de rénover et de revivifier la Religion ». Et cela à cause des gens qui oublient et se détournent des enseignements des Prophètes de par leurs intentions, leurs paroles et leurs actes. Cependant, l’Islam ne devient jamais obsolète car le Coran et les Hadiths du Prophète sont toujours d’actualité, mais c’est leur considération et leur application par les gens qui font défaut. C’est pourquoi la tâche de tout Prophète et de tout Saint consiste à rappeler aux gens les bons caractères qu’enseignent le Coran et la Sunnah afin qu’ils s’y conforment davantage et puissent accéder à l’Agrément le plus élevé d’ALLAH.
Depuis le rappel à DIEU du Prophète (PSL) jusqu' à nos jours, cela fait plus de 1400 ans car nous sommes en 1427.H. Donc ces rénovateurs de l’Islam qui ont accompli cette mission doivent être maintenant au nombre de 14. Cependant, le mot arabe (mane) que le Prophète (Paix et Salut sur Lui) a utilisé peut désigner un individu tout comme un groupe de personnes. En effet, plus l’Islam s’étend, plus on a besoin de guides pour ramener les gens aux enseignements du Prophète (Paix et Salut sur Lui).
Parmi les plus distingués de ces rénovateurs, figure en bonne place, Serigne Touba. Notre rappel porte sur une de ses œuvres appelée "Munawwiru-s-sudur " (« Ce qui illumine les Cœurs »). Pour que le cœur soit pur, saint, illuminé, il faut que l’Homme passe par la " Tarbiyatu Ruhiyyah " c'est-à-dire " l’éducation de l’âme ". Cela se fait sous l’égide d’un Directeur Spirituel assermenté qui extirpe du cœur du disciple tous les vices (l’orgueil, la jalousie, l’ostentation, la méchanceté…) qui éloignent l’Homme de son SEIGNEUR. Mais cela n'est possible à condition que ce dernier suit scrupuleusement ses conseils.
Donc ce livre purifie le cœur de celui qui applique ses enseignements où qu’il puisse être.
Pour que le cœur soit illuminé, il faut que l’individu ait une foi solide. La foi solide peut se manifester par le fait que l’individu, en priant, verse des larmes, comme s’il voyait le Paradis et l’Enfer ou comme s’il était attaché et que l’on s’apprêtait à l’introduire dans sa tombe, comme s’il vivait le Jugement Dernier. Ce jour-là, « Chaque personne se présentera devant son SEIGNEUR comme si elle était sa seule créature. » (Coran : Sourate 19 : Maryam (Marie), Verset 95).
Un jour, alors que trois (03) Hommes de DIEU étaient dans une mosquée, quelqu’un y entra et dit : « ALLAHU AKBAR ! » (DIEU est Grand !) et l’un des Saints de lui dire : « Kazab’ta » (Tu mens !). Aussitôt les gens exécutèrent l’auteur des ‘’injures’’ car l’acte du Saint est répréhensible selon la Sharia. Quand l’homme redit : « ALLAHU AKBAR ! », le second Saint lui dit : « Kazab’ta » (Tu mens !). Celui-ci, aussi, subit le même sort que le premier. L’homme reprit sa prière en prononçant pour la troisième fois le takbir (ALLAHU AKBAR !) et le troisième Homme de DIEU le démentit encore. Lorsqu’on s’apprêta à le tuer, quelqu’un de la foule dit : « Demandez-lui d’abord pourquoi ils soutiennent que l’homme a menti ! ». Quand on lui demanda le pourquoi de leur affirmation, le troisième Saint répondit : « Quand celui qui évoque le Nom d’ALLAH a une foi sincère, tout ce qui se trouve autour de lui L’évoque en même temps que lui ». En réalité, ces Hommes de DIEU ne remettaient pas en cause la véracité de la formule « ALLAHU AKBAR » mais ils voulaient faire savoir que l’homme ne s’est pas paré des qualités qui font qu’en prononçant la formule, il en ressent l’essence. C’est une foi solide et sincère qui permet d’accéder à ce stade. Et une telle foi ne s’acquiert qu’en se conformant strictement aux recommandations de DIEU, en s’éloignant de Ses prohibitions, en acceptant volontiers Ses décrets et en LE remerciant pour Ses innombrables faveurs sur sa propre personne et sur tout ce qui l’entoure.
Cet ouvrage (‘’Munawwiru-s-sudor’’) renferme beaucoup de bienfaits et un immense savoir pour celui qui le lit et l’applique. En effet, Serigne Touba a repris plusieurs ouvrages de ses prédécesseurs (souvent très longs et en prose) pour les résumer sous forme de poème afin d'en faciliter leur compréhension. Parmi ces ouvrages, on peut citer : Qôtul qolob (Abo Talibil Makî), Ihya Hulômu Dîn (Imam Ghazali), Anwârul Qudsiyi (Cheikh Abdu Wahab Chahrani), Majmôhu Razâ’îl (Imam Ghazali), Âdâbul Murîdîna (Cheikh Rawardi), Sirâju Tâlibîn, Hikam et Akhdariyu (Seyyidi Abdu-R-Rahman). Il puisait toujours la quintessence de ces livres et le présentait aux gens sous une forme plaisante à lire et facilement assimilable.
Il a sacrifié toute sa vie à la cause de l’Islam. Son œuvre est si colossale qu’on ne peut l’imaginer possible en l’espace de la vie d’une personne. ALLAH (que Sa Grandeur soit exaltée) lui a certes accordé Son Soutien et Sa Grâce. IL l’a gratifié de connaissances divines insondables, de sagesses inégalables et de faveurs incommensurables.
Donc, ceux qui se réclament de lui (les mourides) doivent bien lire ses écrits qui constituent la référence la plus fiable qu’il nous a léguée, mais aussi s’y conformer comme il l’a indiqué. Il dit : « Tout mouride doit suivre scrupuleusement mes enseignements ! »
Mais aujourd’hui, nous constatons que la plupart de ceux qui se réclament de lui ont pris le chemin inverse en suivant leurs propres plaisirs. Cependant, cela n’enlève en rien du mérite de l’œuvre du saint homme, que nul ne peut, du reste, dénaturer.
Il est évident qu’aucun homme de DIEU ne légitime le blâmable ni ne blâme ce qui est légitime. Il ne garantit non plus aux hommes le Paradis dans la mauvaise action et la satisfaction des plaisirs individuels. Bien au contraire, la mission d’un Saint est de rappeler et d’inciter les Hommes à suivre strictement les recommandations de leur SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) et à se respecter mutuellement, à l’image de la mission des Prophètes (Paix sur Eux).
II. PREAMBULE
Au début de l’ouvrage, après avoir évoqué le Nom d’ALLAH, LE TOUT HAUT, LE PUR, notre SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée), prié sur Son Noble Messager (Paix et Salut sur Lui), sur sa famille et ses compagnons, imploré la bénédiction de DIEU sur ce poème, Cheikh Ahmadou Bamba prie le SEIGNEUR d'en faire une récompense au Paradis, réservé à ceux qui ont préservé leurs intentions, leurs paroles et leurs actes, de tout ce que le SEIGNEUR n’agréé pas.
Que notre SEIGNEUR accepte toutes ces prières et déverse sur nous la bénédiction de l’ouvrage.
Le Cheikh commence par :
- « Il a dit ».
Pourquoi a-t-il dit ? Il parle uniquement pour LA FACE DE DIEU.
Qui a dit ? C’est un fidèle serviteur de son SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée).
En effet, le plus haut rang pour les Hommes de DIEU est ce qu’on appelle "Abdullahi" (véritable et fidèle esclave dont le SEIGNEUR a accepté la servitude). C’est celui qui s’est donné totalement et sincèrement à DIEU. IL l’éprouva de tous les côtés, dans tous les domaines, mais le serviteur resta fidèle et dévoué sans jamais se rebeller ni se plaindre. Quand le serviteur dit : « J’aime mon SEIGNEUR plus que ma personne, ma famille et mes biens ! », le SEIGNEUR l’éprouve de diverses manières et de tous les cotés, pour voir s’il pourra endurer comme avait enduré le Prophète Job (Ayoub). Lorsque Satan dit à DIEU qu’il peut détourner Ayoub du Droit chemin, DIEU lui dit alors d’essayer. Il commença par brûler tout le cheptel du Prophète Ayoub (Paix sur lui). Ensuite, il tua le berger, prit son apparence et vint lui donner la nouvelle. Mais Ayoub lui répondit : « je n’ai aucun remords à ce sujet. Mon Seigneur (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) n’a fait que reprendre ce qu’il m’avait prêté ».
Ensuite, une maladie extrêmement douloureuse l’atteignit et finit par le séparer de toute sa famille. Les vers de terre le traînaient de sa maison jusqu’au dépotoir d’ordures. Ils l’avaient rongé de telle sorte qu’on pouvait voir ses os en plusieurs endroits de son corps. Un jour Seydina Djibril (l’Ange Gabriel) est venu le voir. Il le salua à deux reprises sans obtenir de réponse. A la troisième fois, Ayoub lui rendit le salut. Seydina Djibril lui dit : « Pourquoi ne m’as-tu pas rendu le salut ? ». Il lui répondit : « en ce moment un ver était en train de manger ma langue et je ne voulais pas le faire tomber en te répondant ; il pourrait ainsi dire que je l’ai privé de sa nourriture ». A chaque fois qu’un ver tombait, il le remettait sur son corps et lui disait : « je suis un plat que notre SEIGNEUR a mis à votre disposition ».
Voilà ici un bel exemple d’endurance, de résignation et d’acceptation sincère du destin pour tout croyant.
Donc, la résignation se fait juste au moment de l’épreuve et non après s’être lamenté auprès de tout le monde. Celui qui agit ainsi (se lamente sur son sort auprès des gens) n’est pas véridique dans sa foi, mais il est contraint d’accepter le décret divin parce que tout simplement étant impuissant devant la situation.
Le Prophète (Paix et salut sur lui) avait dit à ce propos : « la résignation, c’est aux premiers instants ! ». Le croyant sincère accepte volontiers le décret divin à l’instant même ; qu’il s’agisse d’une maladie douloureuse qui l’atteint ou qui atteint son enfant ou que sa richesse soit anéantie, etc. Il se réjouit de la Volonté de son SEIGNEUR, sachant qu’il est Le Seul Détenteur de tous les pouvoirs sur tout et sur tous.
Ainsi, quand l’individu déclare qu’il préfère notre SEIGNEUR à sa propre personne, sa famille et ses biens, (« Abdullahi »), DIEU le met à l’épreuve. Avant que l’individu fasse partie de ceux dont le Coran parle en ces termes : « Tu ne pourras rien contre Mes serviteurs dont j’ai accepté la servitude » (Coran : Sourate 15 : Al Hijr, Verset 42), il faut qu’il passe par ce que le Coran dit : « Pensez-vous que vous entrerez au Paradis sans auparavant passer par les épreuves comme ceux qui vous ont précédés. Les épreuves étaient tellement dures que même le Prophète se demandait : « à quand le secours d’ALLAH ? » Sachez que le secours d’ALLAH est certes très proche pour celui qui croit ! » (Coran : Sourate 2 : La vache, Verset 213).
Par ce verset, notre SEIGNEUR nous fait clairement savoir que nous ne pouvons jamais entrer au Paradis sans auparavant passer par des épreuves touchant notre personne, notre famille et/ou nos biens, et les endurer de la meilleure façon, en remettant tout au SEIGNEUR TOUT PUISSANT.
Nous savons tous que les premiers à suivre le Prophète (P.S.L) ont fait l’objet de beaucoup de persécutions. Ils ont subi les pires traitements. On a coupé la tête à certains, durement fouetté d’autres, affamé d’autres encore. Ils ont fait l’objet d’un dur embargo pendant des années où personne ne commerçait avec eux. Ils ont tellement souffert !
La première personne tuée en l’Islam fut une femme (Sumayya). Elle a été transpercée par une lance plantée dans son bas ventre. Une autre a été fendue en deux à l’aide de deux chameaux. Personne parmi ces compagnons martyrisés n’a poussé le plus petit gémissement. Ils avaient accepté de mourir pour la Cause de DIEU car ils savaient que cette mort les menait à une vie éternelle auprès de leur SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée).
Cependant, si on renonce à sa foi pour ne pas être tué, cela n’épargne pas de la mort, car tôt ou tard, elle nous atteindra. Ainsi, grâce à leur foi immaculée et leur raison pure, ils ont su qu’en mourrant dans le sentier d’ALLAH leur âme sera recueillie par les Anges de « Malawul Ahlà » et conduite à l’endroit nommé « Ufukil Ahlà ou Ufukil Mubiin » où tous les Prophètes et les Saints témoigneront du bien à leur égard et Le SEIGNEUR les agréera et les fera entrer au plus haut degré du Paradis (Jannatul Firdaws) où ils jouiront éternellement des délices. Notre SEIGNEUR a dit dans ce sens : « En voyant ce qui se trouve au Paradis, tu verras certes des bienfaits et une immense royauté » (Sourate 76 : L’Homme, Verset 20).
C’est donc à l’issue de toutes ces épreuves (que la personne passe avec succès en restant ferme dans sa foi et sa résignation à DIEU Tout Puissant) que le SEIGNEUR lui fait intégrer le groupe de ceux qu’IL désigne par « Tu ne pourras rien contre Mes serviteurs dont j’ai accepté la servitude » et auquel IL accorde le grade de " Hurriyyah ". Le SEIGNEUR le préserve à jamais de Satan et le reste de sa vie devenant ainsi comme une fête jusqu'à son entrée au Paradis où il fera face éternellement à la Face d’ALLAH.
Donc, c’est comme ainsi que s’explique le terme « Abdullahi » utilisée par le Cheikh.
- « Il est aussi un fidèle serviteur de Celui qui l’a fait accéder à l’Enceinte Scellée de DIEU à savoir le Prophète (Paix et Salut sur Lui) ».
Comme il l’a dit lui-même qu’à son début DIEU lui a indiqué le Prophète comme guide. Et c’est le Prophète (P.S.L) qui l’a mené à DIEU. Il est clair que nul ne peut accéder à DIEU sans passer par le Prophète (Paix et Salut sur Lui).
La préoccupation fondamentale de Cheikh Ahmadou Bamba été d’œuvrer pour le Prophète (P.S.L), en revivifiant l’Islam et ses enseignements, pour que les gens retournent à leur SEIGNEUR et se conforment davantage à l’Islam. IL dit, par ailleurs : « Moi Ahmadou a une ferme intention de revivifier la tradition prophétique. »
Donc l’essence même de l’œuvre du Cheikh est d’éclairer l’Islam de sorte que toute personne désirant rencontre l’Agrément du SEIGNEUR, s’engage nécessairement sur cette voie.
Le Cheikh continue en disant :
- « Son nom est Ahmadou qui n’espère que CELUI qui lui a fait la faveur d’éclore et d’illuminer tout ce qui se trouvait en lui de latent comme d’apparent, à savoir le SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée). »
- « Je remercie Le SEIGNEUR qui a fait du cœur le guide que suivent tous les autres membres et organes du corps. »
Tous les membres et organes du corps suivent le cœur dans ce qu’il aime ou déteste. Ainsi, disait le Prophète (Paix et Salut sur Lui) : « Il y a dans le corps de l’Homme un organe qui, s’il est saint, tout le corps l’est mais, s’il est impur, il en est de même pour tout l’organisme ».
- « Je loue DIEU (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée), le SEIGNEUR qui a appelé à la Religion dont le porteur du message est le Prophète (Paix et Salut sur Lui) le meilleur de toutes les créatures ».
Il LE glorifie :
- « LUI qui est Le SEIGNEUR du Trône Suprême ; Le CREATEUR de toute chose ; tout provient de LUI et retourne à LUI (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée). Le SEIGNEUR qui a créé les Hommes et les Djinns pour qu’ils L’adorent par Crainte et par Espérance (Rahaban wa Tabahan) ».
"Rahbou" signifie « la crainte de tout ce dont le SEIGNEUR menace les transgresseur » et ‘’Tabahan" signifie « espérer à tout ce que le SEIGNEUR a réservé à ceux qui suivent Ses recommandations ».
C’est donc dans ce sens qu’il faut comprendre le verset suivant dans lequel sont utilisés les deux concepts « Ils s’arrachent de leurs lits pour invoquer leur SEIGNEUR par crainte et par espoir ; et ils font largesse de ce que NOUS leur avons attribué » (Coran : Sourate 32 : La Prosternation, Verset 16). Il s’agit de ceux qui, au cœur de la nuit, au moment où les Hommes se retrouvent dans les bras de Morphée, se lèvent, font soigneusement leurs ablutions, s’isolent avec leur SEIGNEUR, LE glorifient, lisent attentivement le Saint Coran, évoquent les Noms de DIEU (Zikr), se rappellent de la mort, du séjour dans la tombe, du Jour de la Résurrection, de la rencontre d’avec leur SEIGNEUR (où chaque âme se retrouvera seule avec le SEIGNEUR - Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) et L’adorent ainsi par crainte de l’Enfer et par amour du Paradis.
Cependant, on retrouve, au dessus de ces derniers, ceux qui adorent le SEIGNEUR tout simplement parce qu’IL l’a ordonné : « JE n’ai créé les Djinns et les Hommes que pour qu’ils M’adorent », sans crainte de l’Enfer, ni par amour du Paradis. Donc, adorons-LE uniquement pour SA NOBLE FACE.
- « Je prie le SEIGNEUR de ne cesser d’accorder le Salut et la Paix au Prophète par le biais de qui, j’ai obtenu toute Faveur et toute Grâce. Ce Prophète qui est le bel exemple d’ascèse, qui est l’Intercesseur et qui guide et fait accéder celui qui l’aime et le suit, au meilleur de la vie présente et de l’Au-delà ».
- « Paix et Salut, encore et toujours, sur ce Prophète qui a dit : "Ce Bas-monde est à l’image de menottes pour tous les croyants sans exception aucune " ». Pour tout croyant, ce Bas-monde est semblable à une prison où l’individu vit dans la privation totale. Les musulmans doivent toujours avoir à l’esprit que la vie présente est une prison pour nous. Une prison ne peut être un lieu de délices, de jouissances, donc ne peut être en aucun cas agréable. Toute personne qui essaie de la rendre agréable, risque de rejoindre ceux qui la prennent pour leur Paradis.
Avec la mondialisation (hawlama en arabe), les gens ne font plus de discernement entre les cultures. On ne distingue plus la culture islamique de celle occidentale qui est actuellement imposée à tous les pays. De nos jours, en regardant les feuilletons à travers la télévision, les jeunes surtout imitent les Occidentaux dans leur manière de s’habiller et dans tous leurs comportements. Mais, le musulman qui désire obtenir la félicité à l’Au-delà ne doit pas imiter ceux qui n’y espèrent rien sinon qu’un châtiment douloureux ! Pour accéder à son désir à l’Au-delà, le musulman a un code de comportement bien défini par l’Islam qu’il doit suivre. C’est très important de toujours penser à cela.
Ce qui favorise cette situation de décadence morale et religieuse, c’est surtout les nouvelles technologies telles que la télévision et l’Internet. Les films et les feuilletons qui passent à la télévision ne montrent que des escrocs et/ou une femme mariée qui recherche un amant et/ou un homme marié qui cherche des maîtresses et/ou des jeunes (filles et garçons) totalement libertins. Ils essayent de mettre tout cela sur le compte de la liberté alors que pour le musulman, toutes ces pratiques lui sont formellement interdites.
Il doit rejeter ces idéologies et savoir que celui qui est en prison n’est pas pareil à celui qui est à la place publique, libre de toute action, pouvant regarder tout ce qu’il veut, entendre tout ce qu’il désire et aller où il veut. Sachons encore une fois de plus que le musulman ne doit pas imiter le non musulman, complètement libertin, ni dans ses manières, ni dans ses paroles et encore moins dans ses actes.
Le Cheikh dit :
- « Chers frères et sœurs, ô vous les doués de raison : ceci est la meilleure des sciences ».
Quand la personne n’utilise pas sa raison, on ne la considère pas comme un être humain. Dans le Coran, Le SEIGNEUR s’adresse aux doués de raison. C’est la raison qui permet à l’Homme de saisir le caractère éphémère de cette vie présente et de savoir qu’il y a, après elle, une vie éternelle. C’est aussi la raison qui permet à l’Homme d’éviter toute débauche (plaisir éphémère ou tout autre chose du genre) en pensant au châtiment douloureux et éternel qui pourrait en découler et de s’attacher à la noblesse de caractère pensant aux délices et réjouissances éternelles qui en découleront à l’Au-delà.
Si l’on se réfère à nos activités quotidiennes, pour être ingénieur ou pour maîtriser tout autre métier, l’individu se confronte à toutes les difficultés, qu’il endure avec fermeté. Quels que soient les problèmes auxquels il peut être confronté (étudiants non boursiers et autres), en pensant au salaire, aux faveurs et à la situation sociale liés au métier d’ingénieur, de médecin,… il fera preuve d’une belle patience, (il ne sent même pas la fatigue, la misère, le dépaysement liés à la recherche de ce statut).
Pareillement, en pensant au salaire à l’Au-delà, celui qui œuvre dans le sentier d’ALLAH retrouve plus d’énergie, de courage et d’ardeur dans son Jihaadu-n-nafs. De même, en pensant aux tourments, le pécheur gagne plus de force de s’éloigner de tout ce qui n’est pas agréé par DIEU. C’est dans ce sens que le Cheikh ajoute :
- « La meilleure science est celle qui rapproche le serviteur de son SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) à l’instar du Tawhîd, fiq et tassawwuf ainsi que les sciences annexes ».
En fait, la Foi (enseignée par le Tawhîd) est quelque chose de très vaste : la foi en DIEU et tout ce qui s’y rattache (ALLAH est exempt de toute imperfection et toute perfection LUI revient), la foi aux Prophètes, aux Livres révélés, aux Anges, à la mort, à la Résurrection, au Pont (As-Siraat), au Paradis, à l’Enfer,...
Ensuite vient la Jurisprudence (Fiq) qui est une connaissance livresque. Après la profession de foi, c’est le Fiq qui nous fait savoir comment exécuter les autres piliers et recommandations de l’Islam (prière, jeûne, aumône légale et pèlerinage aux lieux saints de l’Islam).
Quant au Soufisme (Tassawwuf), il consiste à ne viser dans nos actes que LA FACE DE DIEU en dehors de toute ostentation. C’est la Bienfaisance (Al Ihsaan).
Après cela viennent toutes les autres sciences annexes telles que Nahwu, Luqa, Bayaan, Mantiqh, Ussùl… qui renforcent les trois sciences dont nous venons de faire mention (Tawhîd, Fiq, Tassawwuf).
Ici donc s’achève le préambule du poème.
Venons-en maintenant au développement.
III. LA QUETE DU SAVOIR
Le Cheikh dit :
- « Toi qui es en quête du savoir, écoute mon conseil et retiens mes sentences pour LA FACE DE TON SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) ».
- « Quand tu t’apprêtes à apprendre la science, fais-le uniquement pour LA FACE d’ALLAH (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) ».
- « En agissant ainsi, tu seras la joie des bien-aimés de DIEU ici-bas et dans l’Au-delà (les Saints) et les savants qui pratiquent leur savoir pour la FACE de DIEU (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) ».
- « Ne sois jamais comme celui qui cherche le savoir pour discourir au milieu des foules pour que les gens attestent qu’il est un savant. Mais au contraire, cherche la science pour arriver á ce qu’on appelle « Diraaya » c’est á dire la connaissance véritable de DIEU (connaissance ésotérique qui te rapproche de ton SEIGNEUR jusqu’ á ce que tu saisisses l’essence même de Ses recommandations, c’est- á- dire accéder aux nobles caractères que procure le suivi de ces dernières) ».
- « Ne cherche jamais la science pour attirer les gens vers ta personne, pour qu’ils te vouent plus de considération mais cherche le savoir pour sortir de l’ignorance et te sauver de ses préjudices ».
- « Si tu cherches la science pour l’élévation auprès des gens ou par amour des biens terrestres ou pour satisfaire ton âme charnelle et tes désirs profanes, sache alors que tu as troqué la vie éternelle de l’Au-delà contre celle présente qui est éphémère et insignifiante ».
- « Donc, évite de quérir la science pour ton âme charnelle et/ou pour accumuler la richesse et/ou pour tes désirs profanes et tourne-toi vers la quête du savoir utile pour obtenir l’Agrément du SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) ».
- « Cependant, si tes contemporains se ruent vers toi sans que tu ne l’aies cherché, mais grâce à ton savoir pur et de tes bons caractères, alors apprends-leur de ce que ton SEIGNEUR t’a accordé comme science, ce qui les rapprochera de leur SEIGNEUR et les éloignera de l’orgueil et de tout ce qui s’y rapporte ».
- « Et, de ton côté, attache-toi á la crainte révérencielle de DIEU, aux règles de politesse et á l’humilité. Ainsi, les doués d’intelligence et de bons caractères ne cessent de te rendre visite pour LA FACE DE DIEU (Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) ».
- « Sache que la science, sa pratique et les règles de bonne conduite constituent ce qui mène l’Homme vers la perfection ».
Ce qui permet à l’Homme d’accéder aux délices et réjouissances éternelles de l’Au-delà, c’est le Savoir et la Pratique ainsi que la bonne conduite envers son SEIGNEUR et envers Ses créatures.
Le Cheikh poursuit en disant :
- « Celui qui ne réunit pas la science, la pratique et les règles de bonnes conduites et n’aime pas ceux qui ont réussi á le faire, qu’il sache alors qu’il a causé sa propre perte ».
- « Toi qui demandes à propos de la meilleure religion auprès de DIEU et qu’on doit choisir, alors suis la religion du Prophète (Moustapha) ».
- « Sois sûr et certain que la religion agréée auprès de DIEU est l’Islam ».
Aucune religion autre que l’Islam n’est agréée auprès de DIEU comme IL le dit dans le Saint Coran : « La Religion agréée auprès de DIEU est certes l’Islam » (Coran : Sourate 3 : La famille d’Imraan, Verset 19).
Toute personne qui vient à DIEU au Jour de la Résurrection avec une religion autre que l’Islam ne sera point agréée. Toutes les autres religions sont dépassées avec l’avènement de l’Islam dont le porteur du message est le Prophète Mouhammad (Paix et salut sur lui). Le message du Prophète Mouhammad (Paix et salut sur lui), le Saint Coran a rendu caduque tous les Livres qui lui sont antérieurs. Toute personne qui, après l’avènement de l’Islam, adopte une religion autre que l’Islam se verra chassée de l’Enceinte Scellée de DIEU et n’entrera jamais au Paradis.
Cependant, avant l’avènement de l’Islam avec le Prophète Mouhammad (Paix et salut sur lui), toute personne qui a cru à l’une des religions antérieures, s’y est conformée en respectant ses règles et ses limites jusqu’à sa mort est certes du nombre des gens de la félicité.
- « Donc retenez ce début du livre qui renferme des d’enseignements intéressants, très utiles sur la religion de l’Effaceur des péchés (le Prophète - Paix et salut sur lui) l’ élu par le SEIGNEUR) ».
Que DIEU nous accorde la faculté d’entendre puis de suivre.
IV. LE RENONCEMENT AUX PLAISIRS DE CE BAS-MONDE
- « Ô toi, doué de raison, renonce aux plaisirs de ce bas monde qui est très éphémère ».
La première chose à faire par l’aspirant (celui que dirige un guide spirituel assermenté sur le chemin menant à DIEU) est le renoncement aux plaisirs terrestres et la quête du bonheur de l’Au-delà qui est éternel. Si le cœur de l’aspirant renferme le plus petit grain d’amour des biens terrestres, cela fait une tâche dans son cœur et le retient de sorte qu’il ne puisse marcher sur la voie qui mène à DIEU.
- « Attache-toi à la Sunnah du Prophète (Paix et salut sur lui) ».
La Sunnah du Prophète consiste à se conformer aux cinq piliers fondamentaux de l’Islam et à la Sunnah. C’est seulement en suivant la Sunnah que la personne peut avoir le salut.
- « Sur Lui, le meilleur Salut de CELUI qui l’a envoyé (c’est à dire DIEU - Que Sa Grandeur soit Exaltée et Magnifiée) ».
Donc Serigne Touba a revivifié la Sunnah et a ordonné à ses disciples de s’y conformer s’ils ne veulent pas se faire du tort à eux mêmes. Donc, toute parole non conforme à l’Islam, à la tradition du Prophète et de ses Compagnons est en réalité étrangère à ses enseignements d'où elle puisse venir.
- « L’intelligent est celui qui conforme tous ses actes aux recommandations de DIEU et qui se détourne de tous Ses interdits, voilà la meilleure fin ».
L’intelligent est celui qui, en toute chose, ne regarde que le jugement de DIEU qu’importe l’attitude des gens à son égard. En effet, ce qui est permis par DIEU ne saura être illicite même si tous les Hommes s’en détournaient. De même ce qu’IL a prohibé ne deviendrait jamais licite même si tout le monde le faisait.
- « Toute personne qui ne médite pas sur la vie présente, en devient prisonnière. »
La vie présente n’est que leurre et tromperie. Rien d’elle n’est éternel. Tout avoir ou tout savoir n’est qu’un dépôt temporel, car tôt ou tard, l’individu quittera définitivement ce bas monde pour ne plus jamais y retourner. Par conséquent le plus important pour tout homme, c’est de suivre les recommandations de DIEU et de s’abstenir des interdits.
- « Le Bas monde est à l’image d’une vieille femme à la laideur indescriptible, mais habillée en soie pure brodés d’or et de diamant attirant ainsi tout sot et tout inconscient».
Cela symbolise les ornements de la vie présente : les belles constructions, les belles voitures, les diverses jouissances, la santé corporelle, l’aisance matérielle… qui rendent hautins le sot et l’inconscient qui pensent qu’ils vivront éternellement avec ces ornements futiles,…Mais, celui qui se complait dans cela, se perd complètement.
- « Le sot, le voyant ainsi drapée dans ces beaux habits, la croit très belle et élégante ».
Le sot tombe alors sous son charme et cherche à lui faire la cour, parce qu’il ignore que celui qui aime ce Bas monde est voué à la perdition, sans aucun doute !
- « Mais dés que cette femme (la vie) se déshabille, l’on découvre une vieille, laide au ventre gonflé et plissé ».
C’est une leçon que le Cheikh nous donne à travers cette image de la vie qu’il symbolise par cette vieille femme. Car, nous voyons chaque jour de riches individus devenus aujourd’hui pauvres ou des malades qui étaient, pourtant, bons portant, des handicapés dont les membres étaient auparavant au complet, des déficients mentaux qui jouissaient avant de toutes leurs facultés mentales,… Voila donc des exemples de surprises que la vie nous réserve. Si une de ces choses vous arrive alors que vous n’avez jamais pensé à rechercher l’Agrément de votre SEIGNEUR, il ne vous reste plus que de vains regrets.
- « On découvre qu’elle est aveugle, aux cheveux blancs puants, aux crachats verdâtres à l’image des pourritures des lacs en fin de saison sèche, aux cils mal soignés, à l’échine courbée. Cependant son apparence sous ses beaux habits trompe le pécheur ».
- « En ce moment, celui qui la désirait, se mordra les doigts et regrettera pour les ambitions qu’il avait pour elle ».
A travers cette image donnée par Serigne Touba, de ce Bas monde, il apparaît clairement qu’il n’y a, en réalité, rien d’important tout comme il n’y a rien de désirable en cette vieille femme, apparemment belle, sinon que leurres et déceptions.
Tout en ce Bas monde est voué à l’anéantissement. On lit souvent dans les livres, les histoires de grands rois et de hautes personnalités qui avaient de très grandes constructions sur terre : « Nul n’a jamais vu de constructions pareilles » (Coran : Sourate 89 : L’Aube, Verset 8). Aujourd’hui, ils ont perdu tout pouvoir et tout avoir pour être enfoui à jamais laissant derrière eux tout cela. Cette vie présente n’est que jouissance trompeuse. Mettons donc, tout ce qui est à notre disposition, au service de DIEU. Suivons Ses recommandations et abstenons-nous de Ses interdictions et évitons que ce Bas monde ne nous piège.
- « Quant à l’intelligent qui scrute le bas monde et qui pense aux riches, aux rois et autres personnalités qui l’ont précédés sur terre, laissant derrière eux tous leurs biens, il évitera de subir leur sort ».
Ils ont été rappelés à DIEU, laissant derrière eux toutes leurs richesses, rien ne leur étant maintenant profitable si ce n’est ce qu’ils avaient investi dans le sentier d’ALLAH. En réfléchissant ainsi, il arrive à se sauver du piège tendu par cette vie présente et à œuvrer pour l’Au-delà.
- « La vie terrestre est aussi comparable à un rêve ».
En effet, dès que la personne se réveille, c’est comme s’il n’est jamais passé par tout ce qu’il a vu, entendu ou fait durant le rêve. Dans notre vie quotidienne, nous savons que les jouissances passées, les mets délicieux dont nous nous sommes régalés hier ou avant-hier, … sont aujourd’hui comme si nous n' y avons jamais goûtés.
- « Tout Homme qui se détourne de ce Bas monde sera couronné d’honneurs et de faveurs à l’Au-delà ».
Le Bas monde et l’Au-delà sont comme deux co-épouses (qui ne sont pas en bons termes) ; la considération vouée à l’une suscite la colère de l’autre.
C’est pourquoi le Prophète (Paix et salut sur lui) disait : « Dans cette vie terrestre, comporte-toi comme celui qui traverserait une route,».
En effet, dans ce Bas monde, Satan tend ses pièges et, quiconque reste inattentif, risque d’y tomber et sera perdant à l’Au-delà. C’est dans ce sens que Serigne Touba dit :
- « Ne penche jamais vers ce Bas monde et ses mirages trompeurs car il n’y a nul doute que la mort t’atteindra et que tout ce qui s’y trouve sera anéantie ».
Donc, en ce Bas monde, comporte-toi bien envers ton SEIGNEUR mais entretiens aussi de bonnes relations avec tes semblables. Voue un culte exclusif à ton SEIGNEUR dans Son Essence, Ses Œuvres et Ses Attributs. Suis scrupuleusement Ses recommandations et éloigne-toi de tous Ses interdits. Aussi, ne souhaite aucun mal à ton prochain, ne lui adresse pas de mauvaises paroles et n’agis jamais en mal envers lui.
Serigne Touba poursuit en affirmant :
- « Les biens de ce bas-monde se sont donné à moi, mais je leurs ai tourné le dos et notre SEIGNEUR me sauva alors de leurs pièges ».
Il est clair que si le Bas monde se présente à vous et que vous le saisissiez, vous deviendrez son esclave. C’est encore pire, si c’est vous-même qui courez derrière lui.
Ce vers trouve toute son explication dans son autre poème intitulé : « Ils m’ont dit : penche-toi vers les portes des sultans ! » (C’est un court poème que Serigne Touba a écrit suite à la proposition des notables, après les funérailles de son père, d’aller présenter leurs condoléances à Lat Dior. Ces derniers voulaient que le Cheikh manifeste par ce geste, le souhait de remplacer son père comme conseiller du roi et juge pour les affaires religieuses). Il leur répondit qu’il pouvait les accompagner pour présenter ses condoléances au roi qui était un ami à son père. Par contre, il refuserait systématiquement toute éventuelle nomination. Il tourna ainsi le dos aux grades, richesses et autres privilèges liés à cette fonction (cf. sermon <<Ils m’ont dit…>>).
- « Quand je leur ai tourné le dos (les biens de ce bas monde) et que je me suis résolument tourné vers mon SEIGNEUR, ils se sont détournés de moi ainsi que tous les hommes qui s’y attachaient ».
- « Après que j’eusse obtenu l’Agrément de mon SEIGNEUR, tous les biens terrestres se sont orientés vers moi ».
En fait, ces trois derniers vers représentent l’espace de longues années car entre son refus légendaire et son accession à DIEU, il a eu à subir les pires traitements de la part de ses contemporains, surtout de ses proches qui voyaient en lui un ‘’déficient mental’’. Durant toutes ces années, il a su supporter avec fermeté la marginalisation, la privation, les calomnies et autres parjures venant de toutes parts, étant convaincu que la seule chose importante est de se maintenir sur la voie menant à la Satisfaction Divine.
C’est durant ces années qu’il a tracé la voie du Mouridisme, est passé par Mbacké Baol (avec tous les mauvais traitements qu’il y a subis), a fondé Darou Salam, séjourné sept (07) ans à Touba puis six (06) mois à Mbacké Baari Djolof, était exilé en mer pendant presque huit (08) ans, etc. Cela constitue donc de nombreuses années de douleurs et de souffrances.
C’est après cela que tout le monde s’est rué vers lui, mais le SEIGNEUR lui avait déjà gratifié de tous les bienfaits exotériques et ésotériques pour l’éternité.
- « Toutes mes réjouissances aux biens de cette vie présente sont en fait, pour moi, des provisions pour le Paradis ».
En ce moment, il avait atteint la station mystique suprême et rien ne pouvait le détourner de son SEIGNEUR. Même si tout le monde se mettait sous son autorité, cela ne lui causerait aucun préjudice dans sa foi, car Seul LE SEIGNEUR avait de la place dans son cœur.
- « Je rends grâce à mon SEIGNEUR qui a donné le Coran à la meilleure des créatures, le Prophète (Paix et salut sur lui) qui l’a transmis aux Hommes ».
- « Je rends grâce à mon SEIGNEUR qui a achevé ma marche vers LUI, en compagnie de l’Effaceur des péchés (le Prophète – Paix et salut sur lui) et qui m’a accordé des bienfaits inépuisables ».
Cependant, le Cheikh précise :
- « Je vous informe des multiples souffrances, que j’ai dû endurer avant d’accéder à l’Agrément Eternel de mon SEIGNEUR ».
En effet, accéder à l’Agrément éternel de DIEU n’est pas chose facile même pour un homme de DIEU. L’Agrément circonstanciel peut ne pas durer dans le temps. Mais l’Agrément éternel se confond à la nature intrinsèque de celui qui l’obtient et l’élève au grade de « AbduLah » encore appelé « Hurriyyah », station à laquelle l’individu perçoit les ‘’Secrets de l’Invisible’’ ou « Sirrul Massùn ». DIEU le sauve à jamais de Satan et de l’égarement en le plaçant dans un endroit que LUI Seul connaît.
Donc, toute personne qui te rend facile la voie de Serigne Touba, ne fait que suivre ses passions. Mais si on se base sur ses écrits, il apparaît clairement que le sentier de DIEU n’est pas facile et nul ne peut obtenir les bienfaits éternels du SEIGNEUR sans peiner. C’est pourquoi il dit :
- « Faites inlassablement le Jihaadu-n-nafs ! Ne suivez pas votre âme charnelle, mais recherchez constamment l’Agrément de DIEU ».
« Toi qui recherches ce Bas monde, écoute religieusement mon conseil. Je l’ai formulé en toute pureté et avec une sincère intention, pour que la vie présente ne te trahisse pas ».
Serigne Touba ne veut pas qu’au moment de l’agonie, quand l’individu se prépare à quitter à jamais ses biens et qu’il fait face à la réalité conformément à la parole d’ALLAH « Aujourd’hui, NOUS t’enlevons tous les voiles ; ta vue est maintenant sans limite » (Coran : Sourate 50 : Qãf, Verset 22), qu’il regrette de n’avoir pas avancé dans sa tombe de bonnes œuvres en guise de provisions au Jour de la Résurrection, au moment du passage du Pont (As sirât), de la descente des livres des comptes, de la pesée des actions et à la rencontre avec son SEIGNEUR. C’est aussi dans ce sens que le Prophète (P.S.L) disait : « les gens dorment mais ils se réveilleront quand ils seront morts ». En ce moment la personne verra de manière très claire tout ce qui l’attend, tout comme il verra tout ce qu’elle a dépassé et se tourne définitivement vers l’Au-delà.
L’homme regrettera amèrement d’avoir consacré toute sa vie à la recherche des biens de ce Bas monde.
- « Si tu n’as pas encore dompté ton âme charnelle, si tu ne t’es pas encore départi des vices apparents et/ou de ceux cachés, si tu ne t’es pas encore paré des vertus agréées par DIEU, alors détourne-toi du Bas monde et ne t’approche point de lui si tu aspires à un rang élevé à l’Au-delà ».
- « Car les plaisirs de la vie terrestre te donnent le bonheur aujourd’hui, mais te donnent le malheur demain ».
- «Abandonne donc les plaisirs éphémères de ce Bas monde pour le bonheur éternel à l’Au-delà ».
- « Cette vie présente ne renferme que déceptions et malheurs. Toute personne qui abandonne ce Bas monde pour l’Au-delà ne subira jamais de préjudices ni Ici-bas, ni à l’Au-delà ».
- « La Félicité est réservée à celui à qui notre SEIGNEUR a donné la force de se détourner, dans son cœur, des plaisirs de ce Bas monde. Elle aura un rang élevé à l’Au-delà ».
Sachons encore une fois que cette vie présente est très éphémère. Nous la quitterons forcément, du jour au lendemain, pour regagner l’Au-delà. Donc, purifions nos comportements, nos intentions, nos paroles et nos actes.
Serigne Touba a donné le meilleur exemple sur le comportement que doit avoir celui qui se réclame de lui à l’égard des hommes politiques. Sa réponse aux notables doit aujourd’hui éveiller la conscience de ceux que l’on considère comme des guides religieux, surtout ceux qui se réclament de lui. Qu’ils se maintiennent sur le Droit Chemin avec leurs disciples qui se sont confiés à eux, uniquement pour la Face d’ALLAH. \
Serigne Touba écrit : « Ils m’ont dit : « - appuie-toi sur les détenteurs du pouvoir et toutes les richesses seront à ta possession, car tu auras tout ce que tu désires ». ».
« Mais j’ai répondu : « ALLAH me suffit et j’ai confiance en LUI » ».
« Je n’ai qu’une seule préoccupation : la science et la pratique religieuse ».
Mais de nos jours, tout un chacun se rue, avec ses disciples, vers les portes des dirigeants politiques, non pas pour l’intérêt de la Religion mais pour leurs intérêts personnels (il s’agit de la période électorale en vue des élections présidentielles de février 2007). Ce n’est rien d’autre que de « l’escroquerie spirituelle » que Serigne Touba dénonce fermement
Chaque guide religieux dans la voie mouride doit faire une prise de conscience et se rappeler en permanence le Jour où il rencontrera son SEIGNEUR et Son Prophète, pour rendre compte devant Serigne Touba de la gestion de son héritage.
Un jour, un Cheikh de Serigne Touba établit au Saloum était venu se plaindre auprès de lui du comportement de ses disciples qui commençaient à lui désobéir et à suivre leurs propres passions. Cheikhoul Khadim lui dit : « Recommande-leur le bien et pratique-le, interdis-leur le mal et éloigne-toi de lui. S’ils te suivent dans la pratique du bien, vous irez tous au Paradis. S’ils te désobéissent, toi tu iras au Paradis et eux en Enfer. Mais, s’ils s’y conforment et que tu n’appliques pas tes propres conseils, alors ils entreront au Paradis et toi en Enfer ».
Donc tout guide doit se mettre, avec ses disciples, sur le Droit Chemin, les éduquer pour purifier leurs relations avec leur SEIGNEUR mais aussi avec leurs pairs pour qu’ils accèdent ainsi à l’Agrément de leur SEIGNEUR.
Les gens doivent éviter de se dire du mal et d’avoir des préjugés défavorables sur les autres, en toute subjectivité. Tout cela ne repose que sur l’amour des biens de ce Bas monde qui n’ont aucune valeur.
Il est très inquiétant de constater qu’aujourd’hui, la seule chose importante aux yeux des gens est la richesse ; le riche est considéré tandis que le pauvre est déconsidéré. On ne regarde plus la bonne lignée, ni le savoir, ni l’éducation. Une telle vision du monde est en inadéquation avec la Religion, avec la morale et n’est nullement fondée, car tout individu mourra en laissant derrière lui toute ses richesses. Donc, que chacun s’y prépare bien.
Venons-en maintenant à la première partie qui traite des différentes parties de la religion.
V. PREMIERE PARTIE
V.1. Le repentir
Le repentir sincère, c’est quand l’individu opère une prise de
conscience dévouée et qu’il se démarque de par ses intentions, de par ses paroles et de par ses actes de toute prohibition de notre SEIGNEUR, LUI qui l’a créé, façonné et lui a donné la force et accordé des bienfaits. C’est quand il se rend compte que ses pensées, ses paroles et ses actes le conduiront à un malheur éternel, qu’il regrette son passé et qu’il se détermine à se conformer, pour le reste de sa vie aux recommandations du SEIGNEUR.
Le repentir sincère est à l’image de celui qui a marché sur une braise ou qui a vomi ; il ne revient jamais (en étant conscient) pour marcher encore sur la braise ou manger les vomissures. C’est pourquoi Serigne Touba dit :
- « L’Homme doit incessamment se repentir en regrettant tout péché qu’il a eu à commettre ».
En effet, c’est le péché qui entache la raison, le cœur et l’âme et constitue un voile entre l’individu et son SEIGNEUR de sorte qu’il ne puisse pas méditer (fikr) sur Ses signes et Son Royaume (Exalté et Magnifié Soit-IL !).
Comme on ignore quand est-ce que la mort qui est incontournable, nous atteindra, nous devons nous repentir rapidement, uniquement pour la Face d’ALLAH et non par une incapacité à ne plus pécher pour cause d'infirmité : parce qu’on est devenu aveugle, sourd, muet, impuissant ou handicapé moteur. Un tel repentir ne sera pas accepté. En effet, l’individu doit se repentir, au moment où rien ne l’empêche de continuer à pécher, par crainte pour son SEIGNEUR qui l’a créé et vers qui il retournera tout seul.
- « Repens-toi auprès de ton SEIGNEUR LE TRES HAUT par crainte de sa rencontre et des comptes à rendre devant LUI ».
- « Ne retarde jamais le repentir jusqu'à ce que le châtiment t’atteigne (Que DIEU nous en préserve), car en ce moment ça ne sert plus ».
En effet, comme nous l’avons dit plus haut, le repentir n’est valable que si le repentant n’est pas contraint d’abandonner le péché, par accident ou par circonstance.
Le repentant doit aussi nommer le péché bien que le SEIGNEUR en soit mieux informé que lui, car les Anges enregistrent l’heure, l’endroit et la nature de tout péché. Quand le repentant se lève au milieu de la nuit, fait ses ablutions, prie deux rakaas (2 unités de prière), lèvent ses bras pour se repentir auprès de son SEIGNEUR de ses mauvaises pensées, de ses mauvaises paroles et de ses actes prohibés, il faut qu’il cite le péché nommément : qu’il s’agisse de la fornication, du vol, du mensonge, de la calomnie…
Si le péché concerne un de ses semblables, le repentant doit le voir directement pour lui demander pardon. Si tu avais pris son argent malgré lui, tu le lui remets ; si tu l’as calomnié, tu le lui dis, sauf si cela n’entraîne pas d’autres problèmes entre vous.
- « Tu le nommes avec regret et humilité envers l’UNIQUE, LE DOMINATEUR SUPREME de Mulk, de Malakuut et de ce qu’ils renferment. Tu ne dois pas retarder le repentir, que tu sois en paix ou en période de troubles avant que la mort ne t’atteigne alors que tu persistais dans le péché ».
Avant, d’intégrer le corps, l’âme (Ar-ruh) était pur car étant une partie de la Lumière de Jabaroot (le Royaume Céleste). Ensuite le corps l’a emprisonnée lui faisant oublier son origine. Les bonnes actions de l’Homme permettent à l’âme de retrouver son état initial tandis que les mauvaises l’entachent et lui empêche de ressentir son SEIGNEUR comme avant. C’est à l’image de deux miroirs tenus face à face ; si l’un est couvert de saletés, on ne pourra pas y apercevoir l’autre. Plus l’Homme agit en bien, plus son âme devient pure et plus il a la sensation de son SEIGNEUR ; la lecture du Saint Coran, la prière, le zikr,…deviennent très agréables pour lui jusqu'à des stations qu’on ne peut pas dire mais que seuls ceux qui ont la faveur d’en arriver là ressentent. Cependant, plus il agit en mal avec ses sept membres et organes du corps, plus son cœur est voilé et cela lui empêche d’avoir la sensation de son SEIGNEUR.
Les paliers du repentir
- « En second lieu, il y a les différentes formes de repentir qui sont bien détaillées dans le livre et que tout le monde doit savoir. Elles sont au nombre de 7 ».
1. « Le premier est celui de la personne qui se convertit à l’Islam en quittant la mécréance ».
2. « Le second est celui du musulman qui commet les grands péchés puis se repent pour se conformer à ce que LE SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée) aime et agrée ».
3. « Puis vient le repentir du juste qui commet les péchés mineurs. »
4. « Ensuite celui de l’Adorateur qui trébuche dès fois et commet quelques petits manquements ».
5. « le repentir de l’aspirant qui s’engage sur le droit chemin à la quête de l’Agrément de son SEIGNEUR, des défaillances dans son cœur. »
6. « Le repentir de celui qui préserve tous ses membres et organes du corps de ce que LE SEIGNEUR n’agrée pas, mais qui verse quelques fois dans ce qui est douteux ».
7. « Ensuite, vient le repentir des « Muchaahidiin » (Muchaada est un mot profond en Haqiqa). C’est le repentir de celui qui a accédé à un stade où le SEIGNEUR lui a enlevé les voiles et qui se repent, par peur de représailles ou de la colère du SEIGNEUR, des défaillances dont son coeur fait l’objet quelques rares fois vis-à-vis de son SEIGNEUR ». En effet, plus on est proche de DIEU, moins les erreurs nous sont pardonnées.
Serigne Touba dit alors :
- « Repens-toi vite et cherche la Droiture avant qu’il ne soit trop tard et que les portes du pardon ne soient fermées ».
Le repentir devient trop tard quand l’individu est dans son lit de mort.
Il l’a précisé en des termes clairs dans son ouvrage intitulé Muwahibul Qudùs (Les dons du TRES-SAINT) qui est une versification de la prose Umul Baraahiin de l’Imam Sanoussi.
On raconte que même son père Mame Mor Anta Saly enseignait Muwahibul Qudùs en abandonnant la prose de l’Imam Sanoussi. Serigne Touba a dit dans ce poéme :
« Je jure par la Grandeur de DIEU que rien ne profite à l’individu, quand on lie ses mains et ses jambes pour l’introduire dans la tombe, que la Droiture ! ».
Donc, que le musulman, le disciple se repentisse vite et cherche la Droiture avant que « les portes du repentir ne lui soient fermées ».
- « Cesse de retarder les bonnes œuvres et d’être paresseux, si tu veux une fin meilleure ».
Si tu es conscient de ce que les bonnes actions te procurent comme bienfaits, tu te départiras de la paresse.
- « Purifie-toi des impuretés causées par la persistance dans les péchés par un repentir sincère et aspire toujours à la Droiture ».
- « Le vrai perdant est celui qui quitte ce Bas-monde pour l’Au-delà avec des péchés, avec des intentions, des paroles et/ou des actes que le SEIGNEUR n’agrée pas sans auparavant s’en repentir de manière sincère auprès du SEIGNEUR TRES HAUT sur Son Trône Sublime (Kursiyu) ».
Donc, que chacun ait cela à l’esprit à tout instant.
V.2. Les deux parties de la Religion
- « Sache en toute certitude que la religion se divise en deux parties comme l’ont écrit ceux qui nous ont précédé ».
N’oublions pas que les livres du Cheikh tels que « Munawwiru-s-sudur » et « Mulayyinu-s-sudur » sont des versifications des écrits en prose de l’Imam Ghazali intitulés « Bidâyatul Hidâyah », souvent très longs et difficiles à assimiler. Serigne Touba extrayait toujours l’essence des livres de ses prédécesseurs et la présentait aux gens sous une forme plaisante à lire et facilement assimilable. Il présente en 2 ou 3 vers en retenant l’essentiel de ce que les autres disent en de très longs passages.
V.2.a. L’abandon des interdits
- « La première des deux parties de la religion est de te démarquer, de par tes intentions, tes paroles et tes actes de tout ce que le SEIGNEUR a interdit et de ne jamais t’en approcher ».
L’individu doit le faire sans se soucier de l’attitude des gens vis-à-vis de cela. Même si tout le monde s’adonnait aux interdits, l’individu doit s’en détourner obstinément et se conformer à ce qu’ALLAH aime et agrée, uniquement pour SA FACE (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée) et non pas par ostentation (c'est-à-dire préserver tous ses membres et organes du corps de l’illicite en présence des gens, mais dès qu’on est seul on franchit toutes les limites). Par exemple, si tu étais seul en présence d’une importante somme d’argent que tu peux prendre à l’insu de tout le monde, tu t’en préserverais pour LA FACE DE DIEU (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée) qui t’observe en ce moment.
V.2.b. Le suivi des recommandations
- « La deuxième partie de la réligion, c’est de suivre résolument les recommandations de notre SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée) ».
Le suivi des recommandations d’ALLAH ne doit dépendre d’aucune condition. Si tout le monde se détournait des recommandations, cela n’empêcherait au véritable croyant de persister dans sa foi en ALLAH.
- « Quiconque suit scrupuleusement les recommandations de son SEIGNEUR et s’abstient de Ses interdits, DIEU le préserve du mal de tout souverain injuste ».
- « Mais, il est plus difficile, pour ceux qui ont cru et s’efforcent de suivre les recommandations du SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée), de s’abstenir des interdits. »
- « Il est rapporté du Prophète, le Choisi (Que la Paix et le Salut soient sur lui, sur sa famille et sur ses compagnons) qui a montré la Grandeur de notre Seigneur: « le ‘’Muhaajir‘’, l’exilé, désigne ‘’celui qui s’est détourné, de par ses intentions, ses paroles et ses actes, de toutes prohibitions et ne s’en approche jamais’’. Donc détourne-toi de toutes prohibitions.
Le mot ‘’Mujaahid’’ désigne aussi celui qui a fait le Jihaadu-n-nafs jusqu'à se départir de tous les vices (l’orgueil, la jalousie, l’ostentation, la médisance, l’autosatisfaction de ses bonnes œuvres, le mensonge,…) ».
- « Que la Paix et le Salut soient sur lui, ainsi que sur tous ceux qui suivent la voie qu’il a tracée et tous ceux qui se conforment à la vérité. »
V.3. LES GRANDS PECHES
Ils sont au nombre de vingt (20) selon les rapporteurs sûrs et qui guident sur le Droit Chemin.
Pour chaque grand péché, il dit lequel des sept membres en est responsable.
V.3.a. Les grands péchés liés au coeur
- Le premier des grands péchés est la fatuité, c’est-à-dire le fait de s’émouvoir de ses propres bonnes œuvres (Hujbun). Par exemple se dire : « aujourd’hui j’ai beaucoup lu le Coran, j’ai veillé toute la nuit en adoration, j’ai beaucoup aidé les gens,…
L’individu ne doit pas surestimer ses œuvres car c’est DIEU qui lui a donné tout ce dont il dispose et l’a orienté vers le Bien. C’est DIEU qui lui a accordé la richesse, la force, la santé et tout ; donc, qu’il remette tout à LUI en LUI rendant grâce et qu’il ne se voit pas dans ses œuvres.
- Le deuxième des grands péchés est l’orgueil. C’est l’orgueil qui a causé la perte d’Iblis (Satan) pour avoir refusé de se prosterner devant Adam. Rappelons qu’Iblis fut le plus grand adorateur parmi les Anges. Quels que soient ta richesse, ta beauté, ta lignée et/ou ton rang social, tu ne dois jamais être orgueilleux car tout est don de DIEU. Si la personne a conscience de son origine (liquide …) et de sa fin (cadavre voué à la décomposition), elle ne sera jamais orgueilleuse. En effet, quiconque pense à son troisième jour dans sa tombe, ne sera jamais orgueilleux.
L’Homme ne doit jamais être orgueilleux. Tout appartient à DIEU (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée). A lui revient l’orgueil, l’adoration,…. Tout autre que LUI n’est qu’un simple esclave.
- Le troisième est la jalousie. La jalousie consiste à ne pas souhaiter à la personne ce que le SEIGNEUR lui a gratifiée comme bienfait, rang, beauté, bonne lignée,…
Le jaloux est châtié Ici-bas avant l’Au-delà, car ne pouvant s’opposer aux bienfaits d’ALLAH sur son esclave.
En réalité, envier quelqu’un, c’est contester la répartition de DIEU, car c’est LUI qui a donné à chacun ce qu’il possède et fait de chaque homme ce qu’il est. Fait partie de la tranquillité du cœur, le fait d’accepter le décret de DIEU sur toute personne et en toute chose ; souhaiter à chacun ce que le SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée) lui a accordé comme si c’était à nous qu’IL l’avait gratifié.
- Le quatrième est l’ostentation. C’est le fait de manifester et
d’extérioriser ses bonnes œuvres devant les autres, tout en éprouvant un grand plaisir. Par exemple quelqu’un qui ne lit le Coran ou les khassaïdes (panégyriques), qui n'utilise son chapelet pour faire le zikr, qui ne prie sur le Prophète, qui ne fait des dons, qui ne fait des prières surérogatoires, qui ne jeûne … qu’en présence des hommes, alors que quand il est seul, il ne pense pas à tout cela.
En somme, une marque évidente de l’ostentation est de redoubler d’effort en présence des gens et d’être très paresseux dans la solitude.
Est aussi une marque de l’ostentation, le fait d’exhiber à la face des gens, ses œuvres pour qu’ils en parlent (Sumha). Pourtant, celui qui œuvre uniquement pour LA FACE DE DIEU, qui ne recherche pas le regard d’autrui, LE SEIGNEUR l’élèvera au dessus de tous, même s’il ne l’a pas souhaité.
Donc, que tu sois seul ou en présence des gens, n’œuvres que pour LA FACE DE DIEU (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée).
V.3.b. Les grands péchés liés aux mains
Les grands péchés ayant pour origine les mains sont : le meurtre et le vol sous toutes ses formes (falsification de documents, cambriolage, surfacturation, fausse signature,…). Le Prophète (Paix et Salut sur Lui) a dit dans ce sens : « Manger un dirham illicite est pire que forniquer quarante (40) fois avec sa propre mère ».
Donc, les gens doivent prendre conscience des dangers de ces péchés et éviter ce que LE SEIGNEUR a interdit. Car quiconque LUI désobéit n’aura que malheurs, tourments et châtiments indescriptibles à l’Au-delà.
« Alors, rends grâce au SEIGNEUR qui t’a préservé de la désobéissance ».
V.3.c. Les grands péchés liés à la bouche
Fait partie des grands péchés, la médisance (dire du mal sur quelqu’un, en son absence, par haine ou par jalousie). Cependant, dire le mal de quelqu’un pour le ramener à la raison ou ce qu’on sait d’une femme que notre frère musulman veux marier pour aider ce dernier pour LA FACE DE DIEU, n’est pas considéré comme un acte de médisance.
Ce que le Coran a dit à ce propos doit suffire à tout un chacun : « Qui d’entre vous aimerait déterrer le cadavre de trois jours de son frère et manger de sa chair ? » (Coran : Sourate 49 : Les appartements, Verset 12)
Ensuite vient la trahison c'est-à-dire gâter les relations entre les gens en rapportant de mauvais propos des uns aux autres dans le but de mal faire et de détruire l'entente entre les gens
Le Prophète (P.S.L) a dit : « Le traitre n’entrera jamais au Paradis ».
Font aussi partie de ces grands péchés liés à la bouche : manger l’argent illicite (manger l’argent dont tu es sûr qu’il n’est pas licite : l’usure), boire de l’alcool, détourner l’argent de l’orphelin, le faux serment, le faux témoignage, la diffamation à l’égard d’une femme chaste ou d’un homme vertueux (les accuser d’adultère ou de fornication).
V.3.d. Les grands péchés liés au sexe
On compte aussi parmi les grands péchés, l’adultère, l’homosexualité et le lesbianisme qui sont l’œuvre du sexe. Le Cheikh dit pour toute personne qui commet ces péchés (sans se repentir jusqu'à sa mort), nul ne peut l’empêcher d’aller en Enfer (Que DIEU nous en préserve).
Donc, détourne-toi de ces seize (16) grands péchés et tout ce qui s’ensuit et efforce-toi dans ce qu’ALLAH aime et agrée.
« Donc, ne penche jamais vers aucun de ces péchés que nous venons d’énumérer. Si tu agis ainsi, notre SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée), déposera en toi tous Ses secrets ».
V.3.e. Les grands péchés liés à tout le corps
Les quatre (04) grands péchés qui restent des vingt sont l’œuvre de tout le corps.
« Le premier est le fait de rompre les liens de parenté avec ses père et mère ». Tu dois t’acquitter de tes devoirs envers tes deux parents même s’ils ne sont pas musulmans.
« Le second est de refuser de faire la guerre sainte (sortir des rangs des croyants pour retourner en arrière ou tout simplement refuser de partir au front) ».
« Le troisième est de gaspiller ou de corrompre l’argent des musulmans (gaspiller ou détourner l’argent de la nation ou du groupe) ».
« Et le quatrième est le refus de la prière. Sache-le bien ! » La prière est un acte obligatoire recommandé par ALLAH et le Prophète a dit :
« La prière est un des piliers fondamentaux de l’Islam, celui qui l’observe a appuyé l’Islam et celui qui la délaisse a délaissé l’Islam ».
Conclusion par rapport aux péchés
Ecarte-toi du chemin de ceux qui suivent leur âme charnelle et leurs passions, les rebelles, les insouciants qui transgressent toutes les lois divines, car ils ne se soucient point de l’Au-delà, et sois avec les doués de raison, les intelligents, les gens mûrs, les justes, les biens guidés qui suivent le droit chemin sachant que c’est uniquement par l’adoration de DIEU qu’on peut être sauvé Ici-bas et à l’Au-delà.
Le Cheikh demande : « Vas-tu désobéir à CELUI (DIEU) qui t’a procuré les choses licites et les bienfaits qui t’entourent, jusqu'à être à l’Au-delà dans les pires tourments ? »
« C’est ALLAH qui t’a gratifié des choses licites pour que tu t’en serves si tu veux accéder au Paradis des bienfaits éternels. » L’individu doit se servir de ce que le SEIGNEUR lui a rendu licite pour le regard, le parler, le manger, le boire, le désir charnel,… qui le mènent au Paradis et laisser le blâmable qui le conduit en Enfer.
« N’utilise jamais les bienfaits du SEIGNEUR pour LE désobéir ». Par exemple, dépenser sa fortune dans le blâmable comme regarder, manger et boire l’illicite, commettre l’adultère (ou la fornication), combattre injustement les gens et leur nuire. Mais, au contraire, l’individu doit dépenser sa santé, sa richesse, sa force, ses bienfaits qui l’entourent dans le sentier d’ALLAH, rien que pour SA FACE.
Il ajoute :
« Si l’utilisation des choses licites ne te conduisent pas au Paradis, elle te conduira forcément en Enfer ». Que DIEU nous en préserve !
VI. DEUXIEME PARTIE :
La purification du cœur et des autres membres…
Les ennemis de l’Homme
Le cœur est le commandant des autres membres. S’il est pur, tous les autres membres le deviennent. Le SEIGNEUR a dit dans le Saint Coran : « Au Jour du Jugement, nul ne pourra être sauvé s’il n’avait pas fait le jihaad-n-nafs jusqu'à purifier son cœur et avoir des convictions et un comportement agréés par ALLAH » (Coran : Sourate 26 : Les poètes: Verset 89). En effet, tous les autres membres et organes du corps suivent le cœur. S’il est pur, l’individu a de bonnes intentions, de bonnes paroles et de bons actes, s’il est impur (Que DIEU nous en préserve), c’est le contraire.
L’Homme est composé de deux parties : le corps et l’âme (Ar-ruh). Cette dernière répond à plusieurs appellations. Mais, le cœur est une composante de l’âme. C’est pourquoi les Hommes de DIEU éduquent continuellement leurs disciples dans le sens de purifier leur cœur, leur âme.
Le corps provient de la terre et y retournera. C’est pourquoi, tous les médicaments (traditionnels ou modernes) qui permettent de soigner le corps proviennent de la terre, car on les tire des arbres. Quant à l’âme elle provient du SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée). C’est uniquement la lumière divine qui peut l’entretenir et la purifier. Celle-ci se trouve dans le rappel permanent de notre SEIGNEUR dans son cœur, L’évoquer par sa langue et L’adorer par ses membres (c’est ce qui purifie l’âme).
Celle qui devient plus forte entre ces deux parties (l’âme et le corps) anéantit l’autre. Ainsi, l’Homme peut se rabaisser jusqu’ à la nature bestiale, s’il ne se préoccupe qu’à son corps, mais il peut aussi s’élever au dessus des anges s’il soigne son coeur.
C’est pourquoi il dit : « le cœur est comme un roi pour les autres membres ». Si le cœur est pur, alors la langue ne pourra dire que du bien et les membres ne pourront faire que le bien.
Si la personne préserve son cœur de ce tout ce qui est blâmable, alors ses pensées, ses paroles et ses actes deviennent conformes à ce que le SEIGNEUR agrée. En effet, c’est le cœur qui commande tout acte bien ou mauvais, car avant de faire quelque chose, la personne y réfléchit ; soit elle l’aime et se tourne vers, soit elle la déteste et s’en détourne. Le cœur est comme un réservoir qui fournit de l’eau aux autres membres (la langue, les mains, les pieds…). Si c’est de l’eau pure, elle se déverse sur les autres membres, il en est de même s’il s’agit d’une eau sale. C’est pourquoi le SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée) ne vérifie que le cœur. C’est dans ce sens que le Prophète (Paix et Salut sur Lui) a dit : « Notre SEIGNEUR ne regarde ni nos formes, ni nos vêtements, mais IL regarde notre cœur et ce qu’accomplissent nos membres ».
Donc, l’individu doit purifier son cœur en le préservant de tout ce que le SEIGNEUR n’agrée pas. Comme la personne s’efforce beaucoup de bien soigner ce que ses semblables regardent en lui, c’est-à-dire son apparence extérieure en se lavant tous les jours, en s’enduisant de lait de beauté, en portant de beaux habits, en se peignant, autant elle doit bien soigner son cœur que LE SEIGNEUR observe en lui. Chaque homme doit faire en sorte qu’en regardant son cœur, notre SEIGNEUR y trouve tout ce qu’il agrée, à savoir le monothéisme pur et tout ce qu’il englobe comme culte exclusif, l’acceptation de tout décret divin ainsi que les nobles caractères et les bonnes règles de conduites.
Le Prophète (Paix et Salut sur Lui) disait : « Le SEIGNEUR n’a que deux demeures sur terre : la première est la Kaaba et les mosquées et la seconde est le cœur du croyant ». C’est pourquoi le serviteur doit toujours s’efforcer de purifier son cœur en tout moment et en tout instant, de sorte que notre SEIGNEUR n’y trouve que ce qu’IL agréé.
Le Cheikh dit :
« Si tu veux purifier tous tes membres, pour LA FACE DE CELUI (DIEU) qui a dompté mes ennemis, alors purifie ton cœur et ne le salit jamais ».
Le cœur est souillé par les mauvaises œuvres de la personne. A ce propos, ALLAH dit : « Bien au contraire, ce qu’ils font de mauvais a couvert et encastré leur cœur » (Coran : Sourate 83: Les fraudeurs: Verset 14). En effet, les mauvaises œuvres de l’Homme sont semblables à des ordures ou des eaux usées très sales qui se déversent sur le cœur. Tout ce que les mains touchent de blâmable, ce que les yeux regardent, ce que les oreilles écoutent, ce que les parties intimes et les pieds font, l’illicite que tu mets dans ton ventre…. constituent des ténèbres, des voiles qui séparent l’âme et le cœur du Royaume Céleste. Si la personne fait de bonnes œuvres cela constitue une lumière qui dissipe tous les ténèbres. Mais, si les mauvaises actions persistent, elles renforcent les ténèbres et épaississent les voiles ; ainsi, la personne peut atteindre ce que dit le Saint Coran « ALLAH a scellé leur cœur et leur ouie et, une voile épaisse leur couvre la vue » (Coran : Sourate 2: La vache: Verset 7). L’individu arrive alors à ce qu’on appelle : « Qatm » c'est-à-dire son cœur est fermé de sorte que personne ne puisse plus l’ouvrir. Tout ce que tu lui dis ne fais que passer par une oreille et sortir par l’autre. Aucune parole, à propos de DIEU, ne l’affecte (Que DIEU nous en préserve !). C’est pourquoi l’Homme doit, à tout moment, s’occuper à purifier son cœur en adorant DIEU, en se rappelant l’Au-delà et en faisant le Zikr.
Le Cheikh dit que c’est ce que tu dois faire jusqu'au stade où SEUL ton SEIGNEUR te suffit en toute chose et à tout moment. Tu arriveras à un stade où, en toute chose, tu ne vois que le SEIGNEUR.
« Toute personne qui, en une quelconque chose, voit autre que le SEIGNEUR, qu’elle sache qu’elle a tourné le dos à l’Islam et qu’elle a mécru à son SEIGNEUR ».
C’est pourquoi le musulman doit, partout où il se trouve, accepter tout décret divin qu’il lui soit agréable ou désagréable. Il doit croire avec fermeté que c’est DIEU SEUL qui donne et qui prive à qui IL veut, qui rend malade et qui guérit... Cependant, il est très fréquent de constater aujourd’hui, que les gens attribuent à quelqu’un ou à autre chose tout ce qui leur arrive (que cela soit un bienfait ou un malheur), alors que tout provient de DIEU. Le Cheikh l’a souligné ailleurs dans ses écrits :
« le bienfait, comme le malheur, provient de DIEU (AR-RAHMAAN : LE MISERICORDIEUX) et ne provient ni d’un blanc, ni d’un noir ; le bienfait, comme le malheur, provient de DIEU (AL WAHAAB : LE DONNATEUR SUPREME) et ne provient ni d’un ami, ni d’un ennemi ».
En effet, si le malheur provenait d’un ennemi, je crois bien qu’il n’y aurait pas beaucoup de personnes sur terre. De même, je crois bien que, si le bienfait provenait d’un ami, beaucoup de gens auraient dépassé là où ils sont.
L’Homme doit faire le Jihaadu-n-nafs et passer par tous les états de l’âme : nafsul amara, nafsul lawwaama, nafsul mutmahinna, nafsur-raadiya, nafsul mardiyya, nafsul munhama jusqu’à nafsul kaamila. A ce stade, il se dissout complètement dans son SEIGNEUR. C’est ce qu’on appelle Al Fanà et Al Baqà qui sont des stations très élevées auprès de DIEU. Si l’Homme n’est pas impatient, s’il ne se retourne pas, ne s’arrête pas et s’il remplit les chartes du chemin droit, tôt ou tard, notre SEIGNEUR, par Sa Bonté et Sa miséricorde, le fera accéder à cette station.
« Toute personne qui, en toute chose latente ou patente, ne cherche que la Face de DIEU, notre SEIGNEUR lui accordera le plus grand succès, la plus grande faveur ».
C’est pourquoi le serviteur doit redoubler d’efforts pour que toutes ses actions relèvent de la quête de la Face de notre SEIGNEUR.
Nous venons maintenant à la partie concernant le cœur dont nous parlions.
VI.1. Le coeur
« Purifie ton cœur de tout vice et pare-le des meilleures qualités ».
On parle de Sharia et de Haqiqa. La Sharia juge les membres extérieurs ; par exemple, avant de prier, il faut faire tes ablutions, avec de l’eau non altérée de par son odeur, sa saveur et sa couleur, selon les règles établies. Après, tu t’orientes vers la Qibla ; puis tu fais le takbir ; ensuite tu effectues quatre, s’il s’agit de Zuhr (Tisbar), en respectant les obligations et les sunnah jusqu'à la salutation finale. Alors, la Sharia n’a plus rien à te reprocher, même si, tu avais de mauvaises pensées ou tu avais, autre chose que DIEU, à l’esprit, durant la prière.
Quant à la Haqiqa, elle te fait savoir que quand tu te lèves pour faire tes ablutions, tu ne dois pas te surestimer. Durant la prière aussi, tu ne dois penser qu’à DIEU ; et après, tu remets tout à LUI. C’est le cœur que juge la Haqiqa, car les vices du cœur gâtent tout acte de l’individu. Par exemple l’orgueil, l’ostentation, la fatuité, le mensonge, la haine, la médisance, l’associationnisme, l’hypocrisie…
L’Homme doit pratiquer le Jihaadu-n-nafs jusqu'à éliminer tous ces vices car, tant qu’il aura le plus petit grain d’un de ces derniers dans son cœur, ses œuvres, quelles qu’elles soient (prier toute la nuit tous les jours, jeûner chaque jour, donner de l’aumône en continue, effectuer le pèlerinage chaque année,…), ne seront jamais agréées par le Seigneur. Comme le Prophète l’a dit dans le célèbre Hadith que Serigne Touba indique vers la fin de « Massaalikul Jinaan ». Il l’a mentionné aussi dans un sermon qu’il avait fait avant de partir en exil en mer. Ce Hadith est aussi dans « Qôtul Qulôb » de Abo Talibil Makî et Ihya Hulômu Dîn de l’Imam Ghazali.
« Notre Seigneur a créé sept anges avant de créer la terre et les cieux. Après la création des cieux, IL établit un Ange au niveau de chaque ciel dont le rôle est de vérifier les œuvres des Hommes ». Par exemple le premier Ange ne vérifie que la jalousie ; si la personne est jalouse des gens, quelles que soient ses œuvres sur terre, DIEU ne les regardera pas. Il en est de même pour tous les vices du cœur.
Seyyidina Moussa/Moise (Que la Paix soit sur Lui) était parti en brousse, un jour, avec ses compagnons pour invoquer le SEIGNEUR afin que la pluie tombe. IL lui dit : « si vous restiez là, toute l’année, à M’implorer, JE n'exaucerais pas vos prières car il y a parmi vous un calomniateur ». Moussa LUI dit : « montre-le moi pour que je le fasse sortir de mes rangs ». ALLAH lui répondit : « dans ce cas, je serais calomniateur, MOI aussi ; mais repartez vous tous et exhorte-les à améliorer leurs intentions et leurs comportements ».
C’est pourquoi le Cheikh dit : « Purifie ton cœur de tout vice et pare-le des meilleures qualités ». Toutes les actions de l’individu ne doivent rechercher que LA FACE DE DIEU. Par exemple, si tu t’apprêtais à faire un don à quelqu’un pour LA FACE DE DIEU et qu’il te gifle, cela ne te ferait pas renoncer à ta bonne œuvre. De même, si tu voulais donner de l’aumône à quelqu’un et qu’il te manque de respect, cela, non plus, ne te ferait renoncer à ton acte de bienfaisance. En effet, tu ne dois pas regarder la personne mais tu dois voir DIEU en toute chose.
Nos grands-parents enseignaient tout cela par leur langage et par certaines de leurs coutumes. Par exemple, en donnant l’aumône, ils disaient : « Prends cette aumône de la part de DIEU » ; c’est un pur Tawhîd.
C’est pourquoi leur langage est plein d’enseignements pour qui réfléchit bien. Ils inculquaient, ainsi, aux enfants, des valeurs éthiques, morales et religieuses très importantes.
Le Cheikh dit :
« Préserve-toi de la jalousie, de l’ostentation, de l’orgueil et de la haine, ainsi tu auras la lumière du coeur qui dissipe les voiles te séparant du Royaume Céleste».
En effet, le Prophète (P.S.L) a dit « la jalousie gâte les œuvres comme le feu consume le bois (Que DIEU nous en préserve !) ».
L’ostentation, c’est-à-dire œuvrer uniquement pour être vu des gens, n’a aucun intérêt. Une des marques de l’ostentation est de redoubler d’effort dans tes actes, en présence des gens et, de ne pas en faire quand tu es seul.
Il est permis de haïr un musulman dans des cas autorisés par la Sharia.
« Quant à l’ostentation, c’est un petit associationnisme. Toute personne qui s’en habitue sera malheureuse Ici-bas et à l’Au-delà ».
« Quel que soit ton savoir et tes efforts pour le pratiquer, si ce n’est pas pour la FACE d’ALLAH, ils ne te seront d’aucune utilité. Et quiconque fait des actes ostentatoires réunit en son sein, toutes les catastrophes ».
« Ne vise, dans tes actes et tes paroles, que notre SEIGNEUR (LE BIENFAITEUR) ».
Si ce que tu fais ou dis est conforme à ce que le SEIGNEUR agrée, que les gens te tournent le dos ou pas, cela ne t’intéresse guère, mais agis uniquement pour LA FACE DE DIEU.
« Mais le chemin qui mène à cela est très long et difficile, et quiconque l’emprunte rencontrera certes des épreuves ».
Cependant, la paresse dans les bonnes œuvres, ne permet pas à l’individu d’arriver à terme, mais il lui faut plutôt la détermination et l’effort.
Venons-en maintenant aux deux mains.
VI.2. Les deux mains
« Toi l’aspirant (le mouride) sincère, préserve tes deux mains de tout acte blâmable ».
Fais en sorte que tes mains ne volent pas, ne s’approchent d’un quelconque interdit, ni ne causent un préjudice à quelqu’un, toi qui es engagé dans La Voie pour accéder à la Félicite et à l’Agrément d’ALLAH.
« N’écris, ni ne touchent par tes mains rien qui soit blâmé par DIEU, par la Sharia de Celui qui est bien guidé et honoré Ici-bas et à l’Au-delà ».
Tout ce que tu écris par tes mains, sois sûr que c’est conforme à ce qui est agréé. Ne falsifie pas des papiers. Ne porte pas ta signature sur un document avant d’être sûr de son caractère juste, car, qui que tu sois, les Anges enregistrent l’heure et l’endroit de tous tes actes.
« Au contraire, utilise tes deux mains pour suivre strictement les recommandations du SEIGNEUR ».
Venons-en, maintenant aux deux pieds.
VI.3. Les deux pieds
« N’utilise jamais tes deux jambes pour aller vers le blâmable mais emploie-les plutôt pour aller vers ce que notre SEIGNEUR t’a rendu licite et ce pourquoi IL t’a créé ».
Donc, tout pas que tu fais doit être pour te rapprocher davantage de DIEU. Mais aussi, pour acquérir ta subsistance (licite) Ici-bas afin de conserver ta foi.
« Marche vers les lieux de prière mais ne va jamais vers les péchés ».
Vas vers les lieux d’adoration de DIEU. Attache-toi à l’adoration du SEIGNEUR (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée) et ce qui s’y rapporte.
« Par tes pieds, n’effectue que des pas conformes à la Droiture comme pour rapprocher les musulmans en ce qui est agrée par ALLAH ».
Par exemple, marcher pour aider les gens dans leur cohabitation (entre habitants d’une même maison, d’un même pays ou de pays différents), pour entretenir les liens de parenté (entre consanguins comme entre coreligionnaires) et pour tout ce qui est utile à la société.
Il en vient au ventre.
VI.4. Le ventre
« N’introduis jamais dans ton ventre ce qui est douteux, mais seulement ce qui est licite ».
Il n’a même pas dit « ce qui est illicite » mais « ce qui est douteux ».
« Mange uniquement ce qui est licite si tu veux suivre convenablement DIEU et son Prophète, toi l’aspirant ».
En effet, manger l’illicite entraîne le péché, de même manger le licite entraîne la bonne action.
« Quand tu t’es efforcé jusqu'à ce que le SEIGNEUR t’accorde quelque chose de licite, ne le gaspille pas et ne le dilapide pas, mais disposes-en toi-même avec modération, aides-en tes proches ainsi que les nécessiteux ».
Mais, si la personne ne cherche que l’illicite et par tous les moyens, alors elle sera damnée Ici-bas comme à l’Au-delà. C’est pourquoi si tu veux, vaille que vaille, avoir une belle maison, une belle voiture et des biens terrestres, comme ton prochain, par tous les moyens, pour ne pas être « démodé », tu risques d’être emprisonné Ici-bas mais aussi à l’Au-delà.
« Toute personne qui aspire à DIEU tout en mangeant de l’illicite, n’aura jamais la Félicité et n’atteindras jamais son objectif , quelles que soient ses œuvres».
Donc, manger le licite fait partie des chartes pour accéder à DIEU et tout musulman doit vivre de ce qui est licite pour que ses œuvres soient agréées par ALLAH (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée).
« Toute personne qui suit les recommandations de DIEU tout en se nourrissant de l’illicite, ne récoltera que des regrets et ne connaîtra que des déceptions à l’Au-delà ».
Une telle personne sera enfoncée au fin fond de l’Enfer. (Que DIEU nous en préserve !)
« Quand le SEIGNEUR t’accorde quelque chose de licite, aussi petit soit-il, suffis-toi de cela ».
Ne sois pas trop avide des biens terrestres fussent-ils licites, pour éviter de transgresser les lois divines (Que Sa Grandeur soit exaltée et Magnifiée). Mais suffis-toi de DIEU à tout moment et limite-toi à ce qu’IL t’a donné.
Il en vient à la langue.
VI.5. La langue
« Attache-toi à en rendre Grâce à DIEU et sois juste et bienfaisant à son égard comme IL l’est à ton égard ».
Si DIEU le voulait, tu ne pourrais sortir le plus petit mot. Cependant IL t’a donné la parole alors qu’IL en a privé un autre. Donc rends-LUI Grâce, par ta langue, pour le bienfait de la parole qu’IL t’a accordé.
« Attache-toi à la lecture attentive du Coran ».
La lecture attentive du Saint Coran est la lecture avec méditation sur les leçons qu’il nous enseigne à tous les passages.
« Attache-toi à prier fréquemment sur la meilleure créature, le louangé dont le nom est Ahmad (Que la Paix et Salut soient sur lui, sur sa famille et sur ses compagnons qui ont obtenus la Grâce Divine). Ainsi tu obtiendras toi-même la Grâce divine. »
« Ne profère jamais, par ta langue, des paroles blâmables ».
Il en vient maintenant au sexe.
VI.6. Le sexe
« Ne t’approche jamais de l’adultère (ou de la fornication), ni de ce qui peut les entraîner cela pour LA FACE DE DIEU si tu veux obtenir de Ses houris qui sont honorées ».
Ne t’amuse même pas avec les femmes, encore moins leur donner des accolades. On rapporte que DIEU privera tout homme qui commet l’adultère (ou la fornication) sur terre des Houris qui sont au Paradis.
Les Houris ont une beauté extraordinaire, indescriptible. Ce sont des femmes tellement belles à la forme complète et très élégante,au teint clair au point qu’on peut se voir dans leur corps comme dans un miroir ; des femmes aux cheveux très lisses, aux yeux également très grands, ce qui doit être blanc étant très blanc et ce qui doit être noir étant très noir avec des cils et des sourcils très jolis. Et, leur beauté ne cesse d’augmenter, de jour en jour. En regardant leurs jambes, tu vois la moelle grâce à la clarté de leurs corps. Leurs dents sont très blanches.
Si l’une d’elle crachait sur terre, toutes les mers se transformeraient en miel et le sol sentirait l’odeur du meilleur parfum (musc).
Donc, celui qui veut des épouses parmi ces houris, qu’il s’éloigne de l’adultère (ou de la fornication) et de ce qui précède cela !
Un seul individu peut en avoir jusqu'à des milliers et être au même instant avec chacune d’elles et jouir de ses plaisirs. Elles chantent pour toi et te font plaisir à longueur de journée avec à leurs côtés les « Wildaan » (des adolescents à la beauté extraordinaire) tapant les tambours.
Tu seras alors dans une grande royauté qui n’a pas de limite, qui ne finit jamais. Tu y seras éternellement sans jamais mourir, ni tomber malade, ni avoir un quelconque remords. Et ces plaisirs ne font qu’augmenter de jour en jour.
« Évite de tenir compagnie aux femmes qui vous sont étrangères (susceptibles de devenir tes épouses), de te frotter à elles et de les regarder… ».
De nos jours, les gens sont indifférents à cela. Tu vois les jeunes (filles et garçons) s’amuser dans le quartier, faire le thé ensemble en rigolant, devant les maisons ou même dans les cours. Et personne ne leur dit quoi que ce soit, même pas les pères de familles, comme si cela était permis.
« Car elles sont, toujours et partout, ‘’les flèches de Satan’’ ».
Donc, toute personne qui veut se préserver de Satan doit éviter ces piéges de Satan (ces filles). Nous savons tous comment est-ce qu’elles se comportent dans les rues. En les croisant, on a envie de verser de chaudes larmes parce qu’elles se sont déshonorées, elles ont transgressé les règles morales établies par le SEIGNEUR, en dévoilant leur corps jusqu’à ses parties intimes. Sachez qu’elles représentent les flèches et filets de Satan. Tout homme voulant être préservé de Satan doit s’en éloigner.
« Si DIEU t’en donne la possibilité, marie-toi très tôt, car c’est ce qui te permet d’accéder très vite à la félicité ».
« Eloigne-toi des femmes étrangères (qui peuvent devenir tes épouses) et marie-toi si tu le peux, sinon aie une belle patience sachant que tout cela passera ».
Pour avoir une belle patience, il faut réfléchir. En effet, en pensant aux châtiments, aux malheurs et aux peines qu’entraîne l’acte prohibé, tu trouves la force de t’en détourner. De même, penser aux bienfaits et à la félicité éternels que procure le bien, te permet d’être constant dans cela.
Il en vient maintenant aux oreilles.
VI.7. Les oreilles
« N’utilise jamais tes oreilles pour écout